Apprendre & Pratiquer le métier d'écrivain

Comment forme-t-on un écrivain ? Apprendre à écrire pour être lu – volet 1

« Tout Homme qui sait lire (et écrire) a le pouvoir de se dépasser, de multiplier les moyens par lesquels il existe, de faire en sorte que sa vie soit pleine de signification et d’intérêt. » Aldous Huxley

Un dossier en 3 volets
Volet 1 : Apprendre à écrire pour être lu
Volet 2 : La formation : Concilier apprentissage, invention et affirmation de soi
Volet 3 :  La formule de L’esprit livre :  De la formation à l’élaboration d’une plateforme d’e-learning

L’esprit livre se confronte depuis plus de vingt ans à cette question de la formation des écrivains. En se référant aux meilleurs pédagogues (Albalat, Aristote, Boileau, Buffon, Freinet, Meireux, Lavandier, Quintilien, Rogers…), cet organisme de formation a élaboré un dispositif de formation original. Le recours aux outils numériques facilite un apprentissage au demeurant impossible à mettre en œuvre en salle… Une solution concrète pour aider les écrivains à trouver leur public.

Volet 1

Apprendre à écrire pour être lu

Tous les auteurs ne sont pas écrivains…

A l’heure de l’autoédition de masse, tout le monde peut devenir auteur. Le résultat est une accélération de la fabrication de livres-déchets. « Chaque année en France, environ 100 millions d’ouvrages sont invendus et finissent en papier à recycler. » « Un livre sur quatre part au pilon, soit 142 millions de livres par an. » (Source L’Obs : un livre sur quatre part au pilon). La guerre de l’attention a éclaté et il sera toujours plus difficile d’être lu.

Croire encore aujourd’hui que le talent et la vocation remplacent la formation, est encore le meilleur moyen de se leurrer comme le montrent ces statistiques. L’écrivain est précisément celui qui parvient à conquérir son lectorat et générer des revenus. Plus que jamais, les lecteurs ont pris le pouvoir et attendent de l’émotion, des pensées nouvelles et des histoires qui vont enrichir leurs propres expériences, d’être agréablement surpris

Ce n’est qu’en ayant du métier que l’auteur parviendra humer l’air du temps et créer des textes susceptibles de satisfaire les envies de ses contemporains.

Du rédacteur habile à l’écrivain

« En général, on s’imagine avoir du talent, parce qu’on prend pour du talent le don d’assimilation et la facilité d’écrire. Comment peut-on arriver à savoir si l’on a vraiment du talent et si ce qu’on écrit vaut quelque chose ? Il n’y a qu’un moyen : c’est de le demander aux autres. » expliquait Antoine Albalat dans Comment on devient  écrivain.

Encore faut-il que l’auteur se soucie de ses lecteurs. La majorité des manuscrits adressés aux éditeurs sont des déversoirs émotifs et des histoires personnelles qui n’intéressent personne… purger ses humeurs ne suffit pas à produire de la littérature.

Un écrivain sait canaliser ses élans. Son inspiration ne le mène pas par le bout du nez. Il sait choisir ses sujets, les développer dans différents genres littéraires. Il est capable de produire à la fois des œuvres de création et des œuvres de commande en fonction d’un cahier des charges. Il parvient aisément à moduler la longueur de son propos, à utiliser des formes variées et un ton approprié pour ses lecteurs. Il maîtrise toutes les étapes de la création de son livre : de la conception à la réécriture. A ce stade, il est un habile rédacteur.  Pour devenir écrivain, il devra avoir en plus un style, cette « petite musique » qui charme les éditeurs et les lecteurs. A lui de montrer ce qui l’anime profondément et de donner à entendre son chant intérieur pour reprendre une idée de Jack London.

Même si le style est l’expression d’une personnalité, il peut se développer par l’apprentissage. Les éléments de style sont autant de signes techniques utilisés de manière significative et personnelle par l’écrivain.

 

Les empreintes du style

Ce sont les avocats qui, devant plaider dans des affaires de plagiat, sont sans doute les plus à même de détailler ces marques singulières. Leur argumentation vise à nommer ces empreintes du style et démontrer ainsi la paternité d’une œuvre. Rappelons qu’un livre est une œuvre de l’esprit, qui pour exister, a besoin d’être unique. Cette singularité appartient à l’auteur comme « une marque de fabrique ». A lui d’en devenir conscient et de s’en prévaloir pour promouvoir ses ouvrages.

Dans l’analyse d’un style, différents aspects de l’écriture sont passés au crible. Il comprend la conception intellectuelle, l’élaboration de documents préparatoires, la création d’une structure, l’usage de formes littéraires, l’exploitation d’une documentation variée. On reconnaît un écrivain à sa manière d’ouvrager ses phrases : le choix des mots, la structure, le sens, la longueur, la musicalité, leur rythme, le ton… Autant de qualités évocatrices qui sensibilisent les lecteurs à la dimension spécifique d’une histoire, aux idéaux qu’elles véhiculent, aux idées porteuses de sens et de vie qui interpellent émotivement un lecteur.

 Derrière un effet de style, il existe un ou des procédés qui seront identifiés et analysés par un formateur en vue de transmettre ce savoir-faire. Si le contenu est identifiable, c’est la méthode d’apprentissage qui pose quelques difficultés. Autant le dire tout de suite, les méthodes traditionnelles ne fonctionnent pas.

En savoir plus

Jocelyne Barbas, fondatrice de L’esprit livre, aborde la formation d’écrivain : les méthodes d’apprentissage, les incompréhensions fréquentes à ce sujet. Elle partage son expérience de L’aimant littéraire, la deuxième plateforme d’e-learning qu’elle a créé. 

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