Apprendre & Pratiquer le métier d'écrivain

L’écriture, un levier pour le développement personnel

L’écriture joue un rôle essentiel dans le développement personnel. Elle sollicite notre cerveau de bien des manières : la pensée, l’expression, le raisonnement, l’imagination, la mémoire, la sensibilité…à une condition ; que la personne accepte la critique pour changer. Un cheminement qui conduit au dépassement de soi. Une étape délicate comme l’explique Frédéric Barbas, qui partage avec vous ses expériences d’écriture.

 

 I Allez à la rencontre de sa propre réalité

 

Comment se dépasser dans son écriture ?

Écrire est en soi un dépassement. Ce n’est pas tant le fait de raconter une histoire qui représente une gageure (bien que ce soit tout sauf simple), mais l’investissement que cela nécessite.

S’il nous est naturel d’imaginer toutes sortes de scénarii au cours de notre existence, et ce presque en permanence, il n’y a aucune évidence à se découvrir un talent d’écrivain. Entre nos vies rêvées et l’idée d’en faire un objet littéraire, il y a un fossé où nos compétences en la matière stagnent plus ou moins longtemps.

 

Le point commun à tous nos savoir-faire

Nos dispositions pour l’écriture, notre capacité à les mettre en œuvre et à les exploiter au mieux, le moment où survient la décision de se consacrer à cet art, la raison de ce choix sont autant d’étapes et de clés définissant en partie quel écrivain on deviendra peut-être.

Si chacune de ces phases a sa spécificité, elles ont en commun de réclamer ce dont on parle peu dans le domaine littéraire : le dépassement de soi.

 

De la motivation au dépassement de soi

J’avais listé il y a peu six moyens permettant de trouver la motivation pour écrire, mais d’une certaine façon, cela revient seulement à tourner la clef de contact. Comment faire pour que le moteur s’emballe ? Où trouver l’énergie pour être toujours pied au plancher ?

Avoir des coups de mou quand on s’attelle à la tâche est normal tant sont nombreux les facteurs pouvant agir sur notre forme du moment. Mais lorsqu’on est en pleine possession de ses moyens, on doit à soi-même autant qu’à son lecteur de donner notre maximum. Comprenez : plus encore que ce que l’on attend de nous.

Dans un sport collectif, quand un joueur produit davantage d’efforts que son poste en réclame, on utilise une expression me semblant parfaitement correspondre à ça : le dépassement de soi ?

 

En faire plus sans en faire trop

L’idée d’aller au-delà de ce dont on pourrait se contenter est difficilement applicable si on ne réfléchit pas au meilleur chemin à emprunter. On ne sait pas toujours quelles capacités mobiliser afin de parvenir à se sublimer.

Il ne s’agit pas de surexploiter l’un de nos points forts au détriment d’un autre, espérant que ça suffise pour obtenir un résultat éblouissant. Ni de se mettre fiévreusement en mode écriture automatique en comptant sur l’irruption d’un talent miraculeux jusqu’alors ignoré. Et encore moins de surcharger sa prose d’un tombereau d’adjectifs ou autres adverbes dans l’illusion d’un génial remplissage.

Non.

On doit appréhender quelles ressources accessibles, et n’étant pas de l’ordre du fantasme, sommeillent en nous.

 

II Comprendre le processus du dépassement de soi

 

Comment la créativité s’inscrit dans le temps ?

Il faut donc avant tout prendre conscience de son potentiel créatif, et se dire qu’il n’est pas figé dans ce qui par le passé a pu nous apparaître comme un accomplissement. Un texte dont on est particulièrement fier, par exemple, et qui quand on le relit avec une certaine nostalgie, semble un inatteignable moment de grâce.

Il n’est rien de pire que de se rassasier d’un texte réussi sans voir plus loin que le plaisir qu’il nous procure. Il faut se nourrir de nos succès, pas qu’ils nous coupent l’appétit. Et c’est bien ce qui arrive si l’on ne parvient pas à digérer son propre talent.

 

Le surpassement dans l’écriture passe par le détachement

La compréhension d’avoir réalisé une œuvre de qualité doit entraîner la certitude qu’on est capable de faire mieux, pas le sentiment d’un achèvement. Pour cela, il faut s’en détacher, sans quoi on éprouvera bien des difficultés à s’améliorer.

L’esprit se fixe avec plus de facilité sur un travail fini que sur une histoire restant à écrire, car la contemplation de soi ne nécessite aucun effort. Au contraire, c’est l’activité favorite des paresseux qui un jour lointain se sont fait violence !

J’en suis venu à ce constat à une époque de ma vie où relire mes anciennes nouvelles me semblait un exercice tant confortable que profitable. Rassurant, même. Enfin, j’allais bien retirer de nouvelles recettes d’une prose aussi brillante, non (l’objectivité et la subjectivé sont d’égal à ego dans ces cas-là) ?!

Eh bien, encore non. Ce n’était pas la bonne stratégie.

Je prenais de l’élan ligoté à mes anciennes créations par les robustes câbles de mon autosatisfaction. Il serait inutile de préciser où ça m’a  un temps mené si l’écrire en toutes lettres ne me semblait pas plus percutant : dans un cul-de-sac.

 

Larguez les anars !  Du développement personnel au dépassement de soi

Notre pensée devient vite anarchique – dans le sens bordélique –  quand elle ne repose que sur une structure d’où la remise en question est absente. On le sait, au cours d’un apprentissage, le fait de ne pas avancer ne conduit pas à la stagnation, mais à la régression. Aussi convient-il, si l’on souhaite se surpasser, de larguer les amarres avec une partie de nous-même bien qu’elle ait généré des effets viables lors d’une période donnée. Plus prosaïquement, on appelle ça le développement.

 Progresser dans son écriture passe par un refus de l’immobilisme cognitif jusqu’à notre dernier souffle. Ne croyez pas une seule seconde qu’il puisse en être autrement. Se dépasser, c’est constamment être en mouvement afin de laisser derrière nous les lacunes de celui que nous avons été.

Bien sûr, nous possédons toutes et tous un socle de connaissances et de techniques plus ou moins solide selon les efforts fournis depuis nos débuts dans le rude métier d’écrivain. Mais il ne faut pas se reposer trop longtemps dessus.

N’oubliez pas que ce sont les statues qu’on trouve le plus souvent sur un socle.

Question immobilisme, ça se pose là !

 

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https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9veloppement_personnel

 

Si vous avez envie de vous lancer dans l’écriture…

 

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