Apprendre & Pratiquer le métier d'écrivain

S’engager dans un projet d’écriture

Pas de projet d’écriture sans un réel engagement de l’auteur. « L’engagement est ce qui transforme une promesse en réalité. » selon Abraham Lincoln. Loin des promesses et des fantasmes des vendeurs de fausses formations du style « Star Ac » des auteurs à succès, cette perspective n’est pas à redouter ; même si, comme le souligne Ethan Hawke « Tout engagement génère des compromis, et il est évidemment beaucoup plus facile de rester soi-même en ne faisant rien. » il s’agit surtout d’un engagement vis-à-vis de vous même. Et le reste hélas, n’est pas toujours de la littérature…

Un beau matin, vous vous réveillez et l’idée surgit dans votre esprit d’écrire un roman ou une nouvelle. Mon conseil : renoncez immédiatement. Je veux dire, s’il n’y a pas un minimum de mûrissement précédant cette décision, inutile d’aller plus loin. Une tocade ne nécessite aucun effort. Écrire en réclame beaucoup. Comme nous allons le voir, un tel projet exige de se confronter à certaines réalités…

L’indispensable approche dépassionnée de l’écriture

De l’autoroute à la voie sans issue

L’écriture est un rêve qu’on ne peut dissocier du réel. Pour avoir connu nombre de gens n’ayant pas réalisé l’ampleur de la tâche qui les attendait dans ce domaine, j’ai constaté que pour l’immense majorité d’entre eux la désillusion était rapidement au bout du chemin. Ils pensaient pénétrer sur une bretelle d’autoroute quand c’est une voie sans issue dans laquelle ils s’engageaient. On ne s’improvise pas écrivain, et je pense ne manquer de respect à quiconque en disant cela. C’est seulement un fait cent fois vérifié. J’ai croisé suffisamment de futures J.K. Rowling ou de nouveaux Stieg Larsson ayant abandonné leur illusoire carrière au bout de six mois pour pouvoir affirmer sans peur de me tromper que l’engouement né de la découverte d’un auteur n’est pas un gage de réussite.

Étincelle et feu de paille

Celles ou ceux dont on envie le succès même de la manière la plus saine et la plus positive possible déclenchent parfois en nous une étincelle qui hélas n’engendre bien souvent qu’un feu de paille. Pas forcément à cause d’un manque de talent, mais la plupart du temps parce qu’il n’y a aucun projet viable mis en place pour atteindre son objectif. Dit comme ça, on pourrait croire que je parle de quelque chose d’à peu près aussi glamour que la construction d’une station d’épuration. C’est voulu. Car une approche dépassionnée de l’écriture permet de l’aborder concrètement, pas en bâtissant son projet sur des chimères. Rien de tel que de partir sur des bases solides pour éviter au rêve de se transformer en cauchemar…

Le tour d’horizon des compétences

Un projet quel qu’il soit nécessite qu’on s’interroge sur notre capacité à le mener à bien. S’agissant de l’écriture d’un roman ou d’une nouvelle, un état des lieux basé sur les compétences dont on estime être doté s’impose. Est-on naturellement doué pour la narration ? Possédons-nous un bon style ? Savons-nous ménager un suspense ? Sommes-nous en mesure de camper des personnages crédibles ? D’élaborer une intrigue sans faille ? De rendre une histoire intéressante ? De développer efficacement une idée ? J’arrête là, car la liste est trop longue. Mais quel auteur en herbe réfléchit à toutes ces composantes avant de se lancer ? Je pense pouvoir vous fournir un pourcentage très précis : pas beaucoup. Voyons pourquoi…

Difficultés ou facilités ?

La passion ne réduit pas les difficultés en cendres

L’envie de se jeter avec passion dans l’écriture d’un livre fait naître chez certains une étrange aptitude : la capacité à effacer de leur esprit les difficultés qui inévitablement se dresseront sur la voie d’un succès dont ils ne doutent guère. En mode « C’est bon, ça va l’faire ! », sauf que neuf fois sur dix ça ne le fait pas, mais alors pas du tout ! La raison en est simple : écrire est un métier. Imaginons que vous désiriez vous bâtir une maison, et décidiez de commencer par  ériger des murs solides et bien droits sans jamais avoir tenu une truelle ou un niveau de votre vie : ça va l’faire, selon vous ? Vous saisissez l’image (qui est elle-même assez saisissante, oui, c’est tout un art) : quand on souhaite construire une histoire tenant debout, il faut non seulement disposer des outils adéquats, mais aussi savoir comment les utiliser au mieux. Autrement dit, passer du stade d’amateur au statut d’auteur. Comment ? Suivez le guide…

Détruire un mythe pour s’investir à fond

Pour commencer, bannissez de vos pensées ce mythe de l’écrivain qui s’est fait tout seul, sans quoi votre degré d’investissement dans votre projet d’écriture en souffrira énormément. Vous vous direz quelque chose du genre : « Si lui l’a fait, pourquoi pas moi ? », le lui en question n’existant bien sûr que dans l’imaginaire collectif. Si parmi les auteurs devenus célèbres certains possèdent ou possédaient des facilités pour écrire, ça ne signifie aucunement qu’écrire est facile. Ça veut seulement dire que comme dans n’importe quelle profession, des personnes ont des prédispositions et d’autres non. Ce qui n’augure en rien de qui au final brillera le plus si les premiers se contentent de se reposer sur leurs lauriers quand les seconds cravacheront pour s’améliorer sans cesse.

Le don fiévreux

Aussi doué puisse-t-on être, si l’engagement n’est pas total quand on décide d’écrire un bouquin, le risque qu’il soit bancal à bien des égards sera grand. J’ai eu la chance de pouvoir lire des textes amateurs à travers lesquels on sentait la fibre littéraire de l’auteur vibrer. Pourtant, malgré cette pulsation textuelle palpable dès les premiers paragraphes, derrière l’envie de bien faire, des erreurs rédhibitoires pour qui vise l’édition trahissaient un projet d’écriture mal ficelé couplé à un flagrant manque de maîtrise des techniques de base. La fièvre créatrice l’avait emporté sur la rigueur de l’apprentissage. Des auteurs en herbe ayant un réel potentiel, il en existe à la pelle. Ceux essayant l’exploiter pleinement n’y arrivent jamais s’ils font l’économie d’un travail tant acharné que régulier.

Savoir où on en est

Lucidité, humilité et enthousiasme

Je l’ai dit, il faut poser un regard lucide sur nos chances de mener à son terme un projet d’écriture avant de rédiger le moindre chapitre. C’est-à-dire réfléchir au temps qu’on est prêt à y consacrer, avec à la fois l’humilité de qui ne prétend pas tout savoir et l’enthousiasme de celui ne demandant qu’à apprendre. L’abnégation trouve sa récompense dans l’accomplissement. Une fois le concept du génie instantané rejeté en bloc, l’assimilation et l’application des méthodes permettant la mise en forme d’un texte de façon optimale procurent une intense satisfaction : celle d’avoir sous les yeux ce qui se rapproche le plus du résultat espéré.

Ajustements et transformations

Les auteurs en herbe doivent se positionner quitte à quelque peu forcer leur nature avant de s’engager à fond dans un projet d’écriture. Entre les gens velléitaires qui renonceront au bout de quelques mois après de valses hésitations et les personnes trop sûres d’elles qui se casseront les dents sur leurs certitudes ne correspondant pas à la réalité de ce qu’est l’écriture professionnelle, le spectre est suffisamment large pour y trouver sa place. Quand je parle de forcer sa nature, je sais que mon propos pourra en heurter certain(e)s. Qu’on me comprenne bien : je ne dis pas qu’il faille changer sa personnalité en profondeur, mais bien qu’on doive ajuster sa vision des choses par rapport à celle qu’un auteur débutant possède en général de l’écriture. Des ajustements, pas des transformations.

Prendre le temps d’être ambitieux

Ne pas foncer tête baissée n’empêche pas d’être ambitieux, au contraire. C’est lorsqu’on se précipite qu’on ne prend pas le temps de se donner les moyens de ses ambitions. Ne pas accepter qu’il faille effectuer des réglages dans notre façon d’appréhender la mise en route d’un roman ou d’une nouvelle débouche le plus souvent sur une situation de blocage, pour ne pas dire que cela aboutit presque systématiquement à un ratage. Vous me direz (mais si, je vous connais, vous me le direz) : « Et alors, l’échec n’est-il pas formateur ? ». Ce à quoi je vais vous répondre par une évidence : si, à condition de s’en remettre. Et pour cela, de l’avoir envisagé de façon sereine ou pour le moins, acceptable. Ce qui n’est possible qu’en ayant conscience de ses causes et de la manière d’y remédier : ça fait partie du métier. Ça s’apprend.

En conclusion…

Si on s’engage dans un projet d’écriture impréparé, ça peut vite devenir un  fourre-tout. Le cerveau ayant cette amusante tendance à relier une idée à l’autre, sans le garde-fou que constitue une méthodologie professionnelle, il est presque inévitable de perdre le fil. Sans plan ni technique, les sorties de route sont plus que fréquentes : l’idée de départ est délaissée au profit d’une autre jugée plus séduisante, puis on abandonne cette dernière car celle-ci nous apparaît moins brillante que celle venant de germer dans notre esprit, etc. On papillonne sans avancer d’une aile. Ce qui s’appelle moins poétiquement brasser de l’air. S’engager dans un projet d’écriture, c’est déployer ses ailes. Il vous reviendra, la soute pleine à craquer de techniques d’écriture, de prendre votre envol…

Pour un engagement sans douleur : suivez une formation avec L’esprit livre

Une bonne manière de réussir à s’engager dans un projet d’écriture est de se former. Vous serez guidé et soutenu afin de conserver votre motivation .

L’esprit livre vous propose deux approches distinctes.

1 – Vous êtes animé par un projet d’écriture, que vous ayez commencé à écrire ou non, nous vous recommandons la formation Tutorat coaching d’écriture

2 – Vous avez envie d’écrire pour vous découvrir et mûrir un projet personnel : selon votre niveau, vous vous suggérons le cycle 1 ou le cycle 2 de notre formation d’écrivain à distance.

Confiez votre formation à des professionnels : L’esprit livre est un organisme de formation certifié Qualiopi.

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