Apprendre & Pratiquer le métier d'écrivain

Le succès grâce à la persévérance ?

Quel est le rôle de la persévérance dans l’écriture ? De l’acharnement à vouloir bien faire ? Du souci du détail allant de paire avec la vraisemblance d’une histoire ? Du matériau qu’on doit s’évertuer à rassembler pour donner de la consistance à notre propos ? Pourquoi je vous demande tout ça ? Je vous en pose, des questions, moi ? Ah oui. Eh bien, cet article va tenter d’y répondre…

Les sources de l’écriture

Mission impassible

Une personne très proche de moi au point d’être mon fils m’a offert pour Noël Guillermo del Toro, Enchanteur du cinéma. C’est un bouquin doté d’une iconographie généreuse et d’anecdotes savoureuses éclairant le parcours de ce réalisateur de génie. Il s’agit par ailleurs d’un objet appartenant à la catégorie des beaux livres supposant un réel investissement de la part de son auteur, Ian Nathan, en l’occurrence. En le parcourant afin d’en humer le style, de capter son atmosphère, j’ai par curiosité compté à la louche les sources ayant servi à Nathan pour réaliser son ouvrage. Combien, à votre avis ? Soucieux de ménager un suspense insoutenable avant de vous le révéler, je vais conserver un visage indéchiffrable tout en passant la musique de Mission impassible.

Les quatre cents coups

La réponse est : pas loin de 400. Je vous laisse imaginer quel travail colossal cela représente de toutes les collecter. J’imagine bien qu’il n’était pas seul pour accomplir cette rude tâche, mais tout de même, il fallait aussi les exploiter au mieux. Évidemment, je ne peux qu’y voir un encouragement, et peut-être une leçon à tirer, de ce que cela suppose d’abnégation. Si nous en prenions de la graine ? Par exemple, en se disant que de notre côté, sans forcément atteindre une telle masse d’informations, il nous serait profitable de se créer chaque fois que l’on écrit une sorte de base de données nous permettant d’être le plus complet possible quel que soit le sujet qu’on a décidé de traiter.

Puiser dans la légende

Afin de clôturer mon recueil de nouvelles, faisant au moment même où je vous écris une petite tournée de certaines maisons d’édition, j’ai dû, pour ma dernière histoire, me renseigner sur divers groupes ayant agité la mouvance rock’n’roll et hard-rock au fil des décennies pour que ce texte repose sur des bases solides. Voyez-vous, je connaissais bon nombre des groupes en question, mais pas forcément tout ce qui a forgé leur légende. Je ne saurais dire combien de temps j’ai passé à réécouter leurs morceaux et à traquer les faits marquants les ayant vu naître – avec bien sûr le plus vif plaisir –, mais ç’a occupé une bonne partie de mon temps sans rien écrire d’autres que quelques mots destinés à devenir des phrases charpentant mon intrigue. Des repères.

Téléchargez le catalogue


Conformément à la loi "informatique et libertés" du 6 janvier 1978 modifiée, vous disposez d’un droit d’accès et de rectification aux informations qui vous concernent.

L’organisation du talent

Aux chiottes la littérature !

J’ai ainsi organisé mon récit autour de certaines particularités entourant ces chansons. Il me semble que l’écriture de cette nouvelle m’a pris pas loin de quatre mois, ce qui est parfaitement déraisonnable. Mais si vous connaissez un écrivain raisonnable, faites-moi signe. Ce que je veux dire par là, c’est qu’à mon sens on ne devrait jamais écrire à l’économie, sauf à vouloir traiter son sujet par-dessus la jambe. Et à en sacrifier la substance à notre paresse. Lorsque j’ai commencé à écrire de façon sérieuse, du moins le croyais-je à l’époque, certaines de mes idées valant le coup d’être exploitées se sont transformées en un tas de crottes verbales faute d’avoir été manipulées avec un minimum de rigueur. Ou comment, par une expulsion précipitée, on en arrive à faire ses besoins littéraires. Ne me remerciez pas pour cette image, elle est sponsorisée par une célèbre marque de papier toilette.

Enclume et cotillons

Je pensais alors qu’un embryon de talent remplacerait avantageusement une discipline intellectuelle des plus strictes. Avant de comprendre, quelques années plus tard, que le confort du cerveau est le pire des tombeaux. Qu’en se contentant de maigres acquis, on met en terre ce qui aurait dû nous propulser vers cet air libre que respirent ceux ayant accepté l’idée qu’on ne crée rien de consistant sans apprendre. Je sais, ce n’est pas trop le discours qu’on a envie d’entendre au sortir des fêtes, la plume encore pleine de bulles champenoises, une enclume à la place de l’estomac et les yeux en forme de cotillons. Mais si l’on ne se confronte jamais à une certaine réalité, nos espoirs littéraires ne seront que chimères. Chouette, ça rime. Quel poète je fais.

Chinoiseries

Eh bien, figurez-vous qu’en ce lundi 3 janvier, votre serviteur n’avait lui aussi qu’une envie très modérée de se recoller au taf. Mais comme le disait Confucius : « Pas de boulot, pas de fafiots ! ». Bien sûr qu’il a dit ça. Je l’ai lu dans l’édition originale de « Pourquoi que je suis un trop bon penseur ». Ma traduction du mandarin chinois est peut-être un rien approximative du fait d’avoir appris cette langue en épluchant des mandarines. Qu’importe : Ce qu’il faut retenir, outre mes tribulations, c’est que l’écriture passe non seulement par l’acquisition de très nombreuses techniques (L’esprit livre est mon ami, pour cela), mais aussi par un volume considérable de renseignements en rapport avec notre propos. Une évidence ? Oui. Une pratique répandue parmi les auteurs en herbe ? Non. Ne faites pas les malins, ceux qui rigolent en douce. J’ai tous les noms. Et si vous ne voulez pas être dénoncés, je signale au passage que je suis complètement corruptible…

Guillermo del Toro, enchanteur du cinéma. Ian Nathan. Éditions Huginn & Muninn.

Vous pourriez aimer :

Le syndrome de la page blanche

D’où vient notre inspiration ?

Retrouver votre inspiration

Ah ! l’inspiration. Quand on la cherche, elle nous fuit pour nous sauter dessus dans des moments … parfois … incongrus! Comme l’illustre Samantha Bailly dans cette courte vidéo :

vidéo de Samantha Bailly : D'où vient l'inspiration ?